Pause thé #1 : Page blanche et Thé du Hammam

Encore une fois, je décide de ne pas faire dans l'originalité : je vais aujourd'hui vous parler de Page Blanche, la BD issue de la collaboration entre Boulet et Pénélope Bagieu. Comme pour tout ce qui a fait à un moment ou l'autre le "buzz" j'avais quelques réticences... "vais-je aimer?" "vais-je être influencée?". Mais bon, voilà, comme tout ce qui a fait le buzz à un moment ou l'autre, j'ai aussi décidé de me faire ma propre opinion. Mais avant de rentrer dans les détails, il est important d'aller se faire un thé, et le thé du jour c'est le thé du Hammam, encore un thé du palais des thés...

Le thé du Hammam est l'un des best-seller du Palais des thés. C'est un mélange d'origine turque qui s'inspire, comme son nom l'indique, de l'ambiance du Hammam. Relaxation assurée.  Ses notes sont principalement fruitées, le tout rehaussé de fleur d'oranger (ce qui ne peut pas me déplaire). Il est parfait pour les après-midi dans lesquelles le soleil se pointe à peine et où il faut bien une sorte de compensation.

La page blanche, quand à elle, est une BD qui a vraiment tout pour être singulière. Eloïse est une jeune femme qui se retrouve sur un banc, sans savoir comment, sans avoir aucune idée de son passé. Il a littéralement disparu. Elle est seule et elle a tout à découvrir d'elle-même. En rentrant dans cette histoire je me suis dit que, quelque part, il serait assez fabuleux de pouvoir, comme ça, rentrer chez soi et partir en découverte de la personne qu'on peut bien être. Mettre tout à plat et essayer de comprendre cet Autre. Le fait de supprimer la mémoire d'Eloïse (on ne sait comment) est vraiment un très bon moyen de nous faire cogiter.

Oui parce que finalement, pourquoi est-ce que nous avons autant de mal à nous comprendre nous-même? Sans doute parce que depuis nos premiers instants de vie, nous avons eu un point de vue sur nous-même, et au fil des années, cette "auto-vision" (parfois fantasmée, parfois trop critique, parfois injuste...) finit par étouffer totalement les possibilités de se connaitre vraiment. Faut-il arriver à se détacher de ce que l'on a pu penser de nous-même par le passer pour pouvoir réellement se comprendre? Combien de fois j'ai été amenée à me dire "j'aurais jamais pensé faire ça"? Il m'arrive même, personnellement, de me sentir mal lorsque je réalise que je fais des choses contraires à ce que j'avais pensé faire quelques années auparavant. "Quoi, moi, ouvrir un blog de cuisine? LOL"

Mais se débarrasser de cette mémoire envahissante ne fait pas tout. C'est bien ce chemin là qui est intéressant : se regarder en face, sans le prisme des espérances, et ensuite? Ensuite quoi? Qu'est-ce qu'on fait avec cet autre qu'on vient de découvrir, qui s'est matérialisé devant nos yeux?

C'est dans cette réponse que brille tout le génie de La Page blanche. Il faut le lire pour pouvoir comprendre comment tout cela s'articule mais après la lecture (qui a été, et c'est une exception, extrêmement rapide), j'avais ce sentiment trouble, à la limite entre les émotions contradictoire d'anxiété et de douceur. Anxiété parce que la BD met le doigt sur quelque chose qui, à mon avis, est de l'ordre des questions que nous nous posons tous, mais aussi une douceur parce que c'est une histoire finalement très optimiste, dans laquelle, d'une certaine manière, Eloïse parvient à faire la paix avec... Eloïse.